In the Heart of the Great War. The Individual at the Crossroads between the Civilian and Military Worlds / Au cœur de la Grande Guerre. L’individu au croisement du civil et du militaire

Ort
Mons
Veranstalter
Emmanuel Debruyne; Erwan Le Gall; Gwendal Piégais; Élise Rezsöhazy; Axel Tixhon
Datum
26.10.2017 - 28.10.2017
Bewerbungsschluss
03.03.2017
Von
Gwendal Piégais

[Version française au-dessous]

The 2016 Summer School organised by the International Research Centre of the Historial de la Grande Guerre de Péronne has led to many exchanges and debates which needed to be prolonged and perpetuated. In that sense, we invite papers for a symposium directed at young researchers, such as graduate students and PhD students. The organisers intend to publish the proceedings of this conference at a later date.

The historiography of World War I has been largely built upon the basis of separation between the History of battles on one side and occupied populations and the home front on the other. Nonetheless, to reason with this image is to forget that World War I, as total warfare, has set new means of meeting, coexisting and cohabitating between the civilian and the military spheres. From the military front to the home front, and through occupied territories, the war experience is a crossway, perhaps even an interaction between the civilian and military worlds, as the expression ‘home front’ suggests.

For the people subjected to military service, the general mobilization is certainly a deep rupture with life before the war: especially the family and the village. However, the acceptance of the conflict must also be understood in terms of a continuity, which re-imagines the process of training for the civilian, who, from the school playground to the army barracks, is predisposed to war. Similarly, the spirit of the combatants cannot be viewed without considering a recurring and essential element in their way of thinking—the home front—meaning both memory and hope. Ignoring the relationship between the civilian and military world would also be forgetting that most soldiers during the Great War were civilians wearing uniforms. In the midst of this intersection, there also is the need to question the transference of practice from the civilian sphere to the military sphere.

Similar comments on the porous nature of these two spheres are applicable to populations in occupied territories and in the home front. War invites itself into lives, homes and families, thus becoming an integral part of everyday life. In occupied territories, from collaboration to resistance, the civilian response to occupiers’ presence shows the intrusion of the military into the civilian sphere. In this way, civilians adapt and interpret the military, bringing new behaviors. After the war, actions towards the collaborators, as those towards women, called femmes à boches, tell of a conflict extending to the most private and intimate spheres of the social life of the occupied societies. Furthermore, home front should not be reduced to war effort or Union Sacrée but reassessed in order to discover the complexity of civilians’ relationship to military affairs.

Far from denying the necessary distinction between the radically different experiences of the soldier and of the people under occupation or in the home front, we have to bring back the individual in the same approach: the human being at war, an actor at the heart of the intervention on the military and civilian fields. This analytical grid, largely inherited from a renewed historiography of the First World War, which tends to put the individual at the centre of the discussion, supports our argument. Beyond a simple encounter between civilians and soldiers, the purpose of this reflection is to grasp how the human being integrates and associates these two realms, narrates this junction, and how one shows and expresses one’s choices and behaviours, individual or collective.

Expected proposals will discuss this link between the civilian and military worlds in the Great War, but may also extend across a longer timeframe. The geographical frame of the subject is not limited to European events, but can also stretch out to other places of confrontation, in order to question the relevance of this interpretative framework to all the warring countries.

Proposals should be approximately one page in length. Applications should also be accompanied by a short CV. Please submit proposals to intheheartofthegreatwar@gmail.com by 3th March 2017. The working language of the conference is French and English.

The symposium will take place from 26th to 28th October 2017 at the Mons Memorial Museum in Mons, Belgium. Expenses for accommodation and travel will be cover insofar as possible. We invite you to ask first to your institution.

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Au cœur de la Grande Guerre. L’individu au croisement du civil et du militaire

L’École d’été organisée en 2016 par le Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne a engendré de nombreux échanges et débats qu’il a paru nécessaire de prolonger et de pérenniser. Pour ce faire, nous vous proposons un appel à communications en vue de journées d’études, réservées aux doctorants ou détenteurs d’un diplôme de master, qui débouchera sur une publication d’actes.

L’historiographie de la Grande Guerre s’est largement construite sur la base d’une séparation entre l’histoire des combats d’un côté, et celle des populations occupées et de l’arrière de l’autre[1]. Or, raisonner selon ce schéma, c’est oublier que la Première Guerre mondiale, en tant que guerre totale, a offert de nouveaux lieux et temps de rencontre, de coexistence et de cohabitation entre la sphère civile et la sphère militaire. Du front à l’arrière en passant par les territoires occupés, l’expérience de guerre est un croisement, voire un entremêlement du civil et du militaire, que l’expression consacrée « Home Front » traduit parfaitement.

Pour les individus assujettis au service en armes, la mobilisation générale est assurément une profonde rupture avec la vie « d’avant », en particulier la famille et le village. Mais cette acceptation du conflit doit aussi se comprendre dans une certaine continuité, celle du processus de formation du citoyen qui, de la cour de l’école à celle de la caserne, prédispose à la guerre. De la même manière, le moral des combattants ne peut être envisagé sans prendre en compte un élément récurrent et essentiel de leur horizon de pensée, l’arrière, à la fois souvenir et espoir. Cela reviendrait à oublier que l’essentiel des soldats de la Grande Guerre sont des civils sous uniforme. Il y a également, au cœur de ces entremêlements, matière à questionner les transferts de pratiques de la sphère civile vers la sphère militaire.

De semblables remarques sur la porosité de ces deux sphères s’appliquent également aux populations des territoires occupés et de l’arrière. La présence du militaire fait partie intégrante du quotidien du civil, la guerre s’invite dans les vies, les foyers et les familles. En zone occupée, de la collaboration à la résistance, la réaction des civils face à la présence de l’occupant témoigne de l’intrusion du militaire dans la sphère civile. De cette manière, le civil se réapproprie et réinterprète le militaire, donnant naissance à des comportements inédits. Les actions menées après la guerre à l’encontre des collaborateurs et des femmes appelées « femmes à boches », rendent également bien compte d’une extension de la conflictualité aux sphères les plus privées et intimes de la vie des sociétés occupées. L’arrière, quant à lui, doit être repensé afin de s’éloigner d’une lecture qui le ramènerait systématiquement à son effort de guerre et à l’Union Sacrée, pour la France, nous poussant à y découvrir la complexité du rapport des civils aux affaires militaires.

Loin de nier cependant la distinction à faire entre l’expérience radicalement différente du soldat et celle de l’homme et de la femme occupés ou de l’arrière, il nous faut ramener l’individu dans une même approche : l’être humain en guerre, acteur au cœur du truchement des champs militaires et civils. Cette grille de lecture, largement héritée de l’historiographie renouvelée du premier conflit mondial qui tend à remettre l’individu au centre du débat, fonde notre propos. Au-delà d’une simple rencontre entre civils et militaires, l’intérêt de cette réflexion est de saisir comment l’être humain intègre et associe ces deux dimensions, témoigne de ce croisement, le manifeste et l’exprime à travers ses choix et comportements, individuels ou collectifs.

Les communications attendues porteront sur ce rapport civil/militaire tant durant la Grande Guerre que dans un temps plus long. Le cadre géographique du propos, quant à lui, ne se limitera pas aux théâtres européens, mais s’étendra à d’autres lieux d’affrontement, afin de poser la question de l’applicabilité de ces schémas à l’ensemble des belligérants.

Les propositions de communication, d’une page maximum, devront être envoyées, accompagnées d’un CV académique d’une page également, avant le 3 mars 2017 à intheheartofthegreatwar@gmail.com. Les interventions pourront se faire en français ou en anglais.

Les journées d’études se tiendront du 26 au 28 octobre 2017 au Mons Memorial Museum à Mons, en Belgique. Les frais de déplacement et de logement seront couverts dans la mesure du possible. Nous vous invitons cependant à vous adresser prioritairement à vos institutions.

Kontakt

Emmanuel Debruyne

Université Catholique de Louvain
FIAL - Place Blaise Pascal 1 bte L3.03.21 à 1348 Louvain-la-Neuve

emmanuel.debruyne@uclouvain.be

Zitation
In the Heart of the Great War. The Individual at the Crossroads between the Civilian and Military Worlds / Au cœur de la Grande Guerre. L’individu au croisement du civil et du militaire, 26.10.2017 – 28.10.2017 Mons, in: H-Soz-Kult, 30.01.2017, <www.hsozkult.de/event/id/termine-33123>.
Redaktion
Veröffentlicht am
30.01.2017
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