Histoire sociale / Social History 47 (2014), 94

Titel der Ausgabe 
Histoire sociale / Social History 47 (2014), 94
Weiterer Titel 
"Le Canada et la Grande Guerre – 100 ans déjà" / "Canada and the Great War: 100 Years On"

2 issues per year (May and November)



Histoire sociale / Social History
contact adress of the editorial and distribution: Emmanuel Hogg: Directeur de la rédaction / Managing Editor, Histoire sociale / Social History Directeur général / Executive Director, Les Publications Histoire sociale / Social History Inc. 55av. Laurier Ave. E.DMS 9127 Ottawa, ON K1N 6N5 Phone: (613) 562-5983 Fax: (613) 562-5995 hssh@uottawa.ca
Hogg, Emmanuel

Numéro spécial sue "le Canada et la Grande Guerre -- 100 ans déjà" / Special Issue on "Canada and the Great War: 100 Years On".




Canadian Perspectives on the First World War
Jarett Henderson, Jeff Keshen

Section I: Coping with Conflict

“Not Unless Necessary”: Student Responses to War Work at the University of Toronto, 1914–1918
Mary G. Chaktsiris

During the First World War, participation in the war effort at the University of Toronto was defined by gender. The university encouraged male students to enlist and female students to work in munitions and agriculture. Though public reaction to the war was overwhelmingly positive in Toronto and at the university, University of Toronto student publications such as The Varsity, student records from the Office of the Registrar, and writings by university students capture more complex student reactions to the war. These sources present voices of discomfort and tiredness with the university’s support of the war effort and complicate gendered expectations of participation during the Great War.

Au cours de la Première Guerre mondiale, la participation étudiante à l’effort de guerre à l’Université de Toronto était définie en fonction du sexe. L’université encourageait les hommes à s’enrôler et les femmes à travailler dans les usines de munitions ou en agriculture. Si la réaction publique à la guerre a été très manifestement positive, les publications étudiantes telles que The Varsity, les dossiers étudiants du bureau du registraire et certains écrits d’étudiants permettent de nuancer cette impression. Ces sources révèlent en effet un malaise et une certaine lassitude à l’égard du soutien de l’université à la guerre et complexifient l’histoire des attentes à la fois des étudiants et des étudiantes par rapport à la participation à la Grande Guerre.


“Be British or be d–d”: Primary Education in Berlin-Kitchener, Ontario, during the First World War
Mario Nathan Coschi

Prior to the First World War, the sizeable ethnic German population of Berlin, Ontario, was praised by Anglo-Canadians and even Governors General for having positive racial qualities and for forming the most desirable type of citizens. During the war, however, owing to their ethnicity, these same people were judged to have failed in their duties of citizenship, measured now in supporting the war effort with manpower, money, and enthusiasm. Public schools in Berlin sought to compensate for the supposed failings, as citizens, of the city’s residents. Although they had previously supported an understanding of Canadian citizenship that accepted Germans, schools now sought to make students ashamed of their German heritage and taught a version of Canadian citizenship that stressed Anglo-conformity and rejected German ethnicity as one of its components.

Avant la Première Guerre mondiale, les Canadiens-anglais et même certains gouverneurs généraux faisaient l’éloge des nombreux résidents allemands de Berlin (Ontario), dont ils appréciaient les qualités positives et qu’ils dépeignaient comme des citoyens du meilleur calibre. Au cours de la guerre, cependant, on leur a reproché, en raison de leur origine ethnique, de manquer à leur devoir de citoyenneté, devoir qui se mesurait maintenant à l’aune de la participation humaine, financière et morale à l’effort de guerre. Les écoles publiques de la ville ont alors cherché à pallier les lacunes supposées des résidents. Bien qu’ayant auparavant défendu une définition de la citoyenneté canadienne inclusive pour les Allemands, elles se sont mises à dénigrer la culture allemande et à préconiser une version de la citoyenneté canadienne insistant sur la conformité anglo-idéale et rejetant toute trace d’ethnicité allemande.


For Kin and County: Scale, Identity, and English-Canadian Voluntary Societies, 1914–1918
Steve Marti

The impact of the First World War on Canadian identity has been understood in terms of victories won by soldiers on the battlefield such as Ypres and Vimy Ridge or the gains made by statesmen in the Imperial War Cabinet or at the Paris Peace Conference. This article explores the relationship between the war and identity through an examination of patriotic work performed on the Canadian home front. Both space and scale influenced the way English Canadians chose to coordinate their voluntary efforts for the war overseas and thus how they constructed the spatial boundaries of their imagined communities.

L’impact de la Première Guerre mondiale sur l’identité canadienne a généralement été mesuré à l’aune des victoires remportées par les soldats sur les champs de bataille, comme Ypres et la crête de Vimy, ou des acquis obtenus par les hommes d’État au Cabinet de guerre impérial ou à la Conférence de paix de Paris. Le présent article examine le rapport entre la guerre et l’identité sous la loupe du travail patriotique qui s’est réalisé au front intérieur, au Canada. La situation géographique tout autant que l’intensité des efforts ont influencé la façon dont la population canadienne-anglaise a choisi de coordonner ces mêmes efforts bénévoles à l’appui de la guerre outre-mer et, ainsi, la façon dont elle a tracé les limites spatiales de ses communautés imaginées.


«The Anxious Waiting Ones at Home » : Deux familles canadiennes plongées dans le tourment de la Grande Guerre
Mélanie Morin-Pelletier

Le présent article traite des effets de la Première Guerre mondiale sur le quotidien de deux familles canadiennes à travers la correspondance laissée par civils et militaires. Les lettres échangées par Ruth Antliff et son fils William, en service outre-mer, témoignent des inquiétudes qui remplissent le quotidien des mères de soldats et ouvrent une fenêtre sur la collectivité montréalaise en temps de guerre. Quant à la correspondance conjugale d’Isabelle et de Sidney Brook, de Craigmyle, en Alberta, elle atteste du courage des épouses laissées derrière et dévoile les répercussions de la guerre sur une famille agricole de l’Ouest.

This article examines the impact of the First World War on the daily lives of two Canadian families through the correspondence left by civilians and soldiers. The letters exchanged by Ruth Antliff and her son William, serving overseas, reflect the daily concerns of mothers and soldiers and shine light on life in wartime Montreal. And the letters exchanged by spouses Isabelle and Sidney Brook, of Craigmyle, Alberta, demonstrate the courage of the wives left behind and how the war affected a farm family in the West.


Wilfully and With Intent: Self-Inflicted Wounds and the Negotiation of Power in the Trenches
Mark Humphries

When Canadian soldiers went to war in 1914, they could not have anticipated the horrors that awaited them on the battlefields of France and Belgium. Many coped through drink, song, and friendship; others were unable to take the constant strain. In the panic of battle, some men turned and ran, deserting their units at the front. Others never returned from the hospital or from leave. Many tried to “stick it out”, breaking down with shell shock or neurasthenia. A less studied group both in Canada and the international literature are those who chose to intentionally injure themselves to escape life at the front. This paper uses official military records, medical files, hospital records, and personal letters and diaries from Canadian and British archives to examine self-inflicted wounds in the Canadian Expeditionary Force. It argues that self-mutilation was an aspect of the larger struggle for power in the trenches between officers and men—an act of defiance that posed a direct challenge to the exclusivity of military authority. It argues that while the number of Canadian soldiers who maimed themselves was small, they posed a significant problem for those who purported to hold a monopoly on power at the front.

À leur départ à la guerre en 1914, les soldats canadiens n’auraient pas pu imaginer les horreurs auxquelles ils allaient être confrontés sur les champs de bataille de France et de Belgique. Nombre d’entre eux ont tenu le coup en buvant, en chantant, en nouant des liens d’amitié; d’autres n’ont pas pu supporter la tension constante. Dans le feu de l’action, certains hommes se sont enfuis, abandonnant leur unité au front. Certains ne sont jamais revenus de l’hôpital ou de congé. Plusieurs ont essayé de tenir le coup, mais ont succombé à la névrose des tranchées ou à la neurasthénie. Un autre groupe, peu fréquemment étudié tant au Canada que dans l’historiographie internationale, est celui des soldats qui ont choisi de se blesser intentionnellement afin d’échapper au front. Le présent article s’appuie sur des archives militaires officielles, des dossiers médicaux, des dossiers d’hôpitaux, diverses lettres personnelles et des journaux intimes provenant de fonds canadiens et britanniques en vue d’étudier la question des blessures volontaires dans le Corps expéditionnaire canadien. Il fait valoir que l’automutilation s’avère un aspect de la lutte de pouvoir dans les tranchées entre officiers et soldats, et un acte de bravade qui constituait un défi direct à l’autorité militaire. Si le nombre de soldats canadiens qui se sont blessés eux-mêmes est peu élevé, leur existence représente tout de même un problème de taille aux yeux des hommes qui prétendent détenir le monopole du pouvoir au front.


Section II: Beyond Colony and Nation

Sabotage, Security, and Border-Crossing Culture: The Detroit River during the First World War, 1914–1918
Brandon Dimmel

This paper examines sabotage, security, and the Detroit River region’s border-crossing culture during the First World War. It finds that deep social and economic transnational relations in the years prior to the war meant few Windsor residents demonstrated any concern that they might become the target of German Americans, or “enemy aliens”, based in Detroit. And while these people were blasted out of their naïveté in June 1915, when the surrounding community was rocked by an explosion at a nearby uniform factory, over time fears associated with the border and Detroit’s German population subsided at the local level. The result would be confrontation between Windsorites and the federal government, which in the years following the attack attempted to impose strict border-crossing regulations on a traditionally permeable section of the international boundary.

Le présent article porte sur le sabotage, la sécurité et la culture du passage de la frontière dans la région de la rivière Détroit au cours de la Première Guerre mondiale. Il fait ressortir qu’à la lumière des profondes relations socioéconomiques transnationales existant au cours des années d’avant-guerre, peu de résidents de Windsor auraient pensé s’inquiéter d’être la cible potentielle d’Américains d’origine allemande – sujets d’un pays ennemi – établis à Detroit. Tirés subitement de leur naïveté en juin 1915 lors de l’explosion d’une fabrique d’uniformes, les habitants de Windsor se sont remis sans tarder de leurs craintes liées à la frontière et à la population allemande de Detroit. La confrontation les opposera plutôt au gouvernement fédéral qui, dans les années suivant l’attaque, cherche à imposer de strictes conditions de traversée dans une section jusqu’alors perméable de la frontière internationale.


A War Within a War: Canadian Reactions to D. W. Griffith’s The Birth of a Nation
Greg Marquis

D. W. Griffith’s wildly successful epic film was released in Canada, a nation at war, in 1915. Based on the novel and play The Clansman by Thomas Dixon, the motion picture popularized a pro-Southern view of the Civil War and Reconstruction era that demonized African Americans and abolitionists and made heroes of the first Ku Klux Klan. This paper examines Canadian responses to the film in 1915 and 1916, paying particular attention to protests by African Canadians, which usually were organized through church congregations. The Birth of a Nation was a challenge for provincial film censors in a nation that supposedly frowned on American traditions of violence and supported British “fair play.” During wartime, African Canadians appealed to citizenship, patriotism, and Britishness to mount an early, if largely unsuccessful, civil rights struggle against an invading American cultural product.

L’extraordinairement populaire film épique de D.W. Griffith est sorti au Canada en 1915, pendant la guerre. Basé sur le roman et la pièce de théâtre The Clansman de Thomas Dixon, le film adoptait un point de vue pro-sudiste sur la Guerre civile et la période de la reconstruction qui diabolisait les Afro-Américains et les abolitionnistes et encensait le Ku Klux Klan. Le présent article se penche sur les réactions à ce film au Canada en 1915 et en 1916, notamment sur les manifestations organisées par les Afro-Canadiens, généralement sous l’égide de congrégations religieuses. The Birth of a Nation s’est avéré un casse-tête pour les bureaux provinciaux de censure dans un pays supposément réfractaire à la culture de la violence américaine et favorable au « fair-play » britannique. Au cours de la guerre, les Afro-Canadiens ont fait appel aux sens de la citoyenneté, du patriotisme et de l’esprit britannique pour organiser une lutte rapide, quoique vaine, en faveur des droits civiques et à l’encontre d’un produit culturel américain envahissant.


Territorial Spoils, Transnational Black Resistance, and Canada’s Evolving Autonomy during the First World War
Paula Hastings

This article unpacks the rise and fall of Canadian campaigns to annex Britain’s West Indian colonies during the First World War to underscore the significance of the West Indies and the rise of transnational Black resistance to Canada’s evolving autonomy in the British Empire. It suggests that the war-time struggle for Canadian autonomy was a racially-inscribed project whose outcome was contingent on the increasingly fraught relations between white Canadians and West Indians of colour. By inserting the West Indies and West Indian struggles for racial justice in the war-time discourse of Canadian autonomy, the article places an important war-time social formation in dialogue with a subject that is normally explored in the analytic confines of diplomatic and constitutional histories.

Le présent article expose la montée et la chute des campagnes canadiennes visant à annexer les colonies britanniques des Indes occidentales au cours de la Première Guerre mondiale afin de souligner l’importance des Antilles britanniques et la montée de la résistance transnationale des Noirs en ce qui a trait à l’évolution de l’autonomie du Canada au sein de l’Empire britannique. L’auteure suggère que la lutte pour l’autonomie canadienne pendant la guerre était un projet à motivation raciale dont l’issue dépendait des relations de plus en plus tendues entre les Blancs canadiens et les Antillais noirs. En évoquant les Antilles britanniques et les luttes en faveur de la justice raciale de ces îles dans le discours de guerre sur l’autonomie canadienne, l’article replace un élément important de la formation sociale du temps de la guerre en dialogue avec un sujet qui se limite normalement à l’histoire diplomatique et constitutionnelle.


“Black Horror on the Rhine”: Idealism, Pacifism, and Racism in Feminism and the Left in the Aftermath of the First World War
Peter Campbell

In the aftermath of the First World War, a storm of protest met the stationing of colonial African troops in the occupied German territories. The campaign, spearheaded by legendary Congo reformer Edmund Dene Morel, influenced a broad spectrum of leftists, feminists, anti-imperialists, and pacifists in Great Britain, the United States, and Canada. In the United States and Canada the mainstream labour movement—the American Federation of Labor in the United States and its Canadian affiliate the Trades and Labour Congress—generally did not respond to Morel’s appeal. In contrast, idealistic leftists, feminists, anti-imperialists, and peace activists—men and women most committed to the creation of a world without war, racial prejudice, and gender inequality—took up Morel’s anti-imperialist and blatantly racist campaign. This article seeks to explain how this seeming contradiction came to be.

Dans la foulée de la Première Guerre mondiale, une tempête de protestations s’est élevée contre le stationnement de troupes coloniales africaines dans les territoires allemands occupés. La campagne, dirigée par Edmund Dene Morel, légendaire réformateur du Congo, a influencé un large éventail de gauchistes, de féministes, d’anti-impérialistes et de pacifistes en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Canada. Aux États-Unis et au Canada, les courants principaux du mouvement syndical – la fédération américaine du travail et son affilié canadien le Congrès des métiers et du travail – n’ont de façon générale pas répondu à l’appel de Morel. En revanche, les gauchistes, féministes, anti-impérialistes et pacifistes – autant d’hommes et de femmes idéalistes, engagés dans la création d’un monde sans guerre, sans préjugés raciaux et sans inégalités entre sexes – ont adopté1 la campagne anti-impérialiste et ouvertement raciste de Morel. Le présent article cherche à expliquer cette contradiction apparente.


Section III: A Reflection

Living with the First World War, 1914–1919: History as Personal Experience
Desmond Morton


Weitere Hefte ⇓
Veröffentlicht am
Weitere Informationen
Bestandsnachweise ISSN Print: 0018-2257, ISSN Online: 1918-6576