His verbis exprime luctum. Media, Style, and Uses of Funerary Poetry (9th-12th Cent.)

His verbis exprime luctum. Supports, style et usages de la poésie funéraire (IXe-XIIe siècles)

Veranstalter
Julien De Ridder, Damien Strzelecki, Eléonore Venturelli
PLZ
86000
Ort
Poitiers
Land
France
Findet statt
Hybrid
Vom - Bis
01.05.2024 -
Von
Robin Moens, Historisches Institut, Lehrstuhl Mittelalter, RWTH Aachen University

His verbis exprime luctum. Media, Style, and Uses of Funerary Poetry (9th-12th Cent.)

From the Carolingian period onwards, funerary poetry experiences a major growth. The reasons for its success during the early Middle Ages are still unclear. Traditionally, historiography marks a breaking point at the turn of the 12th and 13th centuries. This is due in part to the increasing production of vernacular texts and the rise of the macabre, particularly with the figure of Helinand of Froidmont. The aim of these sessions is to study poetic expressions of mourning in the light of their medium, their style and their usage. Our purpose is to question the notion of funerary poetry through the study of its various poetic manifestations, while pondering its production and reception.

Appel à communication - His verbis exprime luctum. Supports, style et usages de la poésie funéraire (IXe-XIIe siècles)

Dès l’époque carolingienne, la poésie funéraire connait un développement considérable. Les raisons de son succès au cours du premier Moyen Âge restent encore à éclaircir. Traditionnellement, l’historiographie marque une rupture au tournant des XIIe et XIIIe siècles, entre autres en raison de la production croissante des textes vernaculaires et de l’amorce du macabre, avec la figure d’Hélinand de Froidmont. L’ambition des journées est d’étudier les expressions poétiques du deuil à l’aune de leurs supports, de leur style et de leurs usages. Il s’agira de questionner la notion de poésie funéraire par l’étude de ses diverses manifestations poétiques, tout en s’interrogeant sur sa production et sa réception : quels sont les éléments précurseurs ? Qu’est-ce qui se maintient aux siècles suivants ? En quoi sied-il de parler plutôt d’une transformation ou plutôt d’une rupture nette ?

His verbis exprime luctum. Supports, style et usages de la poésie funéraire (IXe-XIIe siècles)

Au détour d’un exemple d’amplification, Geoffroi de Vinsauf indique à ses lecteurs les mots appropriés à l’expression du deuil (« Temporibus luctus his verbis exprime luctum », Poetria nova, v. 367). De fait, le décès d’un individu suscite diverses productions écrites, notamment poétiques, à l’instar des plaintes funèbres (planctus), des épitaphes et des titres de rouleaux mortuaires. De prime abord, le trait distinctif de la poésie funéraire est d’ordre thématique : la mort en fonde l’unité. Malgré leur proximité discursive, les poèmes funéraires se démarquent par des critères formels (poésie métrique, rythmique, ou performance orale) et matériels (codex, rotulus, pierre).
Dès l’époque carolingienne, la poésie funéraire connait un développement considérable. Les raisons de son succès au cours du premier Moyen Âge restent encore à éclaircir. Traditionnellement, l’historiographie marque une rupture au tournant des XIIe et XIIIe siècles, entre autres en raison de la production croissante des textes vernaculaires et de l’amorce du macabre, avec la figure d’Hélinand de Froidmont. L’ambition des journées est d’étudier les expressions poétiques du deuil à l’aune de leurs supports, de leur style et de leurs usages. Il s’agira de questionner la notion de poésie funéraire par l’étude de ses diverses manifestations poétiques, tout en s’interrogeant sur sa production et sa réception : quels sont les éléments précurseurs ? Qu’est-ce qui se maintient aux siècles suivants ? En quoi sied-il de parler plutôt d’une transformation ou plutôt d’une rupture nette ?

La matière de la poésie funéraire (Université de Poitiers, CESCM ; 26-27 septembre 2024)
Tout au long du Moyen Âge, le décès peut déclencher la composition poétique et l’acte d’écriture. L’enjeu de cette première journée sera de caractériser la matière qui convient à l’expression du deuil : comment définir la poésie funéraire aujourd’hui et envisager la porosité entre ses différentes manifestations (planctus, épitaphes, titres de rouleaux mortuaires) ? Dans quels contextes (manuscrits comme monumentaux) apparaissent les différentes expressions poétiques funéraires ? À quels besoins répondent-elles (commémoratifs, cathartiques, panégyriques et liturgiques) et à qui s’adressent-elles ?
À cette diversité des manifestations poétiques répond une diversité d’usages. Il conviendra aussi de s’interroger sur les liens qui peuvent être établis entre le poème funéraire et son support. Quels facteurs suggèrent ou imposent la forme du poème funéraire ? Quelles pratiques de lecture assigne-t-on aux divers supports ? Quelles traces d’oralité subsistent dans les témoins écrits et quel est le statut de la composition musicale dans la poésie funéraire ?
La mort d’un individu est l’élément commun à tout poème funéraire. Toutefois, cette poésie s’inscrit dans un réseau intertextuel et emprunte des topoï attestés dans d’autres productions littéraires : ainsi, l’expression de la douleur, la prière et la glorification. Dès lors, quels topoï sont récurrents dans les différentes manifestations du deuil ? Sont-ils en tout ou en partie conditionnés par leur support ? Dans quel réseau intertextuel s’inscrivent-ils ? Font-ils l’objet d’un traitement spécifique selon leur contexte ?

Style et mise en scène de la poésie funéraire (Université Catholique de Louvain ; 28-29 novembre 2024)
L’objectif de la deuxième journée consistera à s’interroger sur l’existence d’une esthétique propre à l’expression du deuil. Cette question sera d’abord abordée du point de vue stylistique. Existe-t-il un langage ou une poétique spécifique à la matière funéraire ? Quels outils et quelles méthodes peuvent-être mobilisés (études stylométriques, humanités numériques, etc.) ? Quelles sont les caractéristiques formelles des poèmes funéraires (figures de prédilection, variations lexicales, constructions syntaxiques, etc.) et sont-elles conditionnées par leur support ? À quel(s) type(s) de versification s’adonnent les poètes ?
Ensuite, il faudra étudier les représentations de la poésie funéraire et la manière de la mettre en scène. La distance entre le texte et son support théorique a déjà été soulevée par l’historiographie, en particulier pour les épitaphes. Si toutes les épitaphes n’ont pas été gravées, comment évoque-t-on leur matérialité dans le discours poétique ? Quels codes visuels et quelles caractéristiques graphiques reprennent les scribes pour faire penser à une épitaphe lapidaire ? Quelles sont les fonctions des jeux graphiques adventices, et font-ils partie intégrante de la poétique funéraire ?
Enfin, il sera nécessaire de mieux définir les rapports que l’auteur entretient avec la matière poétique funéraire. Quelles attitudes développe le poète devant les contraintes qu’implique son sujet  le décès ? Si les arts poétiques du Moyen Âge ne se sont que très peu préoccupés de la question du genre littéraire, existe-t-il néanmoins des traces d’une codification plus ou moins consciente ? En quoi les modèles didactiques, les pastiches et les caricatures permettent-ils de mieux évaluer les traces de cette codification ?

Informations pratiques
Les journées d’études se tiendront respectivement à Poitiers (France) le 26 et 27 septembre 2024 et à Louvain-la-Neuve (Belgique) le 28 et 29 novembre 2024. Les présentations de 40 minutes seront suivies de 20 minutes de questions. Des sessions seront prévues sous le format de table ronde : des jeunes chercheurs et chercheuses présenteront des études de cas en 20 minutes. Un format numérique permettra de suivre l’ensemble des journées à distance au besoin.

Propositions
Les propositions d’études de cas (maximum 500 mots) sont à envoyer à eleonore.venturelli@uclouvain.be pour le 1 mai 2024, en français ou en anglais.

Comité organisateur
Julien De Ridder (Aspirant fnrs, UCLouvain et Université de Genève), Damien Strzelecki (Ingénieur d’études au CESCM, Université de Poitiers) et Eléonore Venturelli (Aspirante fnrs, UCLouvain et Université de Poitiers)

Comité scientifique
Paul Bertrand (UCLouvain), Estelle Ingrand-Varenne (Université de Poitiers), Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers) et Wim Verbaal (Université de Gand)

His verbis exprime luctum. Media, Style, and Uses of Funerary Poetry (9th-12th Cent.)

Through an example of amplification, Geoffrey of Vinsauf points to his readers the appropriate words to express mourning: (“Temporibus luctus his verbis exprime luctum”, Poetria nova, v. 367). Indeed, the passing of someone gives rise to a variety of written productions, especially poetic compositions: laments (planctus), epitaphs, and titles of mortuary rolls. At first sight, the distinctive feature of funerary poetry is thematic: death underpins its unity. Despite their discursive proximity, funerary poems distinguish themselves through the means of both formal (metrical, rhythmic poetry, or oral performance) and material criteria (codex, rotulus, stone).
From the Carolingian period onwards, funerary poetry experiences a major growth. The reasons for its success during the early Middle Ages are still unclear. Traditionally, historiography marks a breaking point at the turn of the 12th and 13th centuries. This is due in part to the increasing production of vernacular texts and the rise of the macabre, particularly with the figure of Helinand of Froidmont. The aim of these sessions is to study poetic expressions of mourning in the light of their medium, their style and their usage. Our purpose is to question the notion of funerary poetry through the study of its various poetic manifestations, while pondering its production and reception: what are the precursory elements? What remains the same over the course of the following centuries? Why is it more appropriate to talk about a transformation or a clear break?

The Material of Funerary Poetry (University of Poitiers, CESCM; September 26 and 27, 2024)
Throughout the Middle Ages, death could inspire poetic composition and the act of writing. The challenge of this first session will be to recognize and characterize the material considered appropriate in the expression of mourning: how can we define funerary poetry today and consider the porosity between its different manifestations (planctus, epitaphs, titles of mortuary rolls)? In what contexts (both manuscript and monumental) do the various expressions of funerary poetry appear? What needs do they meet (commemorative, cathartic, panegyric and liturgical) and for whom are they intended?
This diversity of poetic manifestations is matched by a diversity of uses. We will also look at the links that can be established between the funerary poem and its medium. What factors suggest or impose the form of the funerary poem? What reading practices are assigned to the various media? What traces of orality remain in the written testimonies, and what is the status of musical composition in funerary poetry?
The death of someone is the one common element in all funerary poems. However, this poetry is part of an intertextual network and borrows topoi attested in other literary productions, such as the expression of grief, prayer, and glorification. Which topoi are recurrent in the various manifestations of mourning? Are they wholly or partly conditioned by their medium? What intertextual network are they part of? Do they receive specific treatment depending on their context?

Style and Mise-en-scène of Funerary Poetry (Catholic University of Louvain; November 28 and 29, 2024)
The aim of the second session will be to examine the existence of an aesthetic specific to the expression of mourning. This question will first be addressed from a stylistic point of view. Is there a language or poetics that are specific to funerary subjects? What tools and methods can be mobilized (e.g. stylometric studies, digital humanities)? What are the formal characteristics of funerary poems (e.g. preferred figures, lexical variations, syntactic constructions), and are they conditioned by their medium? What type(s) of versification do poets use?
Then, we will study the representations of funerary poetry along with its staging. The distance between the text and its theoretical support has already been raised by historiography, especially with the case of epitaphs. If all the epitaphs were not engraved, how is their materiality evoked in poetic discourse? What visual codes and graphic features do scribes use to allude to a lapidary epitaph? What are the functions of the adventitious graphic plays, are they an integral part of funerary poetics?
Finally, we need to better define the author's relationship with funeral poetry. What attitudes does the poet develop in the face of the constraints implied by his subject – death? Although the poetic arts of the Middle Ages paid very little attention to the question of literary genre, are there nonetheless traces of a more or less conscious codification? How can didactic models, pastiches and caricatures help us better assess the remains of this codification?

Practical information
The study days will be held respectively in Poitiers (France) on September 26 and 27, 2024, and in Louvain-la-Neuve (Belgium) on November 28 and 29, 2024. The sessions consist in 40-minutes presentations and will be followed by a 20-minutes question and answer session. Round-table sessions will feature young researchers presenting case studies within 20 minutes. A digital format will allow to follow the entire event remotely, if required.

Proposals
Case study proposals (maximum 500 words) should be sent to eleonore.venturelli@uclouvain.be by May 1st, 2024, in English or French.

Organizing committee
Julien De Ridder (fnrs, UCLouvain and University of Geneva), Damien Strzelecki (CESCM, University of Poitiers) and Eléonore Venturelli (fnrs, UCLouvain and University of Poitiers)

Scientific committee
Paul Bertrand (UCLouvain), Estelle Ingrand-Varenne (University of Poitiers), Cécile Treffort (University of Poitiers, IUF), Wim Verbaal (Ghent University)

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